1979, l’année qui a tout changé pour Diego Maradona

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Maradona tenant le trophée des Champions du Monde des moins de 20 ans.

Parlez-en à Nicolas Anelka, Ibrahim Ba, Martin Djetou, Pierre Laigle, Sabri Lamouchi et Lionel Letizi. Être recalé de dernière minute d’un mondial à la maison peut être plus que traumatisant. Certains ne s’en relèvent pas. Cette terrible mésaventure a pourtant été vécue par un joueur que nombreux considèrent comme l’un des meilleurs de tous les temps, Diego Maradona. Le 19 mai 1978, César Luis Menotti, sélectionneur de l’Argentine depuis 1974, annonce aux joueurs présents lors du dernier stage de préparation la liste finale des retenus pour le mondial qui aura lieu à la maison. Diego Maradona, 17 ans, n’en fait pas partie. Menotti le considère trop jeune, trop tendre. Il est vrai que Maradona n’est encore qu’un adolescent. Pourtant voilà déjà deux saisons que les supporters s’extasient devant les dribbles du jeune Diego. Il est connu dans tout le pays et ils sont nombreux à voir en lui la future grande star de la sélection nationale. Il connait d’ailleurs sa 1e sélection dès le 27 février 1977, à l’âge de 16 ans. Mais la Coupe du Monde, à domicile qui plus est, c’est autre chose. Le talent ne suffit pas, il faut de l’expérience, des nerfs solides, le temps de Diego viendra. Menotti ne s’est pas trompé puisqu’un mois plus tard l’Argentine est sacrée championne du monde en battant les Pays-Bas de Johnny Rep en finale.

Maradona devra attendre un an pour jouer une Coupe du Monde, celle des jeunes, des – de 20 ans. L’année 1979 est spéciale pour lui, il participe à une saison aboutie avec son club, joue ses premiers matchs en Europe et remportera à la fin de la saison son 1er titre mondial. Le monde découvre Diego Armando Maradona. Retour sur l’année 1979 du pibe de oro, quand le gamin de Buenos Aires est devenu une superstar mondiale.

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L’équipe des Argentinos Juniors en 1979.

Meilleur buteur des deux championnats

La ligue argentine de l’époque a la particularité d’être composée de deux championnats : le Metropolitano et le Nacional. Le Metropolitano regroupe les 20 meilleurs clubs du pays divisés en 2 poules. Au sein d’une poule, tous les clubs s’affrontent deux fois, les deux premiers sont qualifiés pour les demi-finales. Le Nacional met lui en avant de plus petits clubs méritants. Pour cette compétition on retrouve donc les clubs du Metropolitano sans les 4 équipes ayant fini aux deux dernières places de leur poule. Il y a donc 16 clubs du Metropolitano et les 12 meilleures équipes régionales, ce qui donne 28 clubs divisés en 4 poules de 7. Au sein de chaque poule, les deux premiers sont qualifiés pour les quarts de finale.

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Diego Maradona sous le maillot des Argentinos Juniors en 1979.

À cette époque, le jeune Diego Maradona évolue aux Argentinos Juniors, club évidemment qualifié pour le Metropolitano et par conséquent pour le Nacional. Pour ce qui est du Metropolitano, les Argentinos Juniors rateront la qualification à la différence particulière après une défaite face au Vélez Sársfield. En Nacional, ils rateront une nouvelle fois la qualification, cette fois fois pour deux petits points, soit une victoire à l’époque. On pourrait donc penser que c’est une saison sous le signe du regret jouée par ce club, pourtant ce que tout le monde retiendra, c’est l’éclosion du talent extraordinaire de Diego Maradona. Le n°10 des Argentinos impressionne de match en match et empile les buts. Sa non convocation en équipe nationale pour la Coupe du Monde semble digérée. Elle aurait même fait de lui un meilleur joueur. En ne jouant que la phase de poule, Maradona sera sacré meilleur buteur ex-aequo du Metropolitano avec 18 buts, titre qu’il avait déjà remporté la saison précédente et meilleur buteur du Nacional avec 12 buts.

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Dieago Maradona avec la légende péruvienne Cesar Cueto lors d’un match amical en 1979.

Le nom de Maradona est sur toutes les lèvres en Argentine. Il est un prodige qui affole les statistiques et qui fait lever les foules. Néanmoins, il n’est pas encore un leader, un joueur capable à lui seul d’emmener son équipe vers les sommets. Pour preuve, depuis qu’il est professionnel, il n’a toujours pas permis à son équipe de jouer des phases finales que ce soit en Metropolitano ou en Nacional. César Luis Menotti en a conscience mais il sait que Diego a le mental pour le devenir. La fin de la saison argentine est donc le moment choisi par le sélectionneur de l’Albiceleste pour faire du petit prodige, un capitaine guidant ses troupes vers le succès.

Diego Maradona con Argentinos Juniors ante LDU Quito en el Olímpico Atahualpa, de perfil se observa a Fernando Rodríguez Riolfo. Ese febrero 1979 los albos le pasaron 7 goles a los bic
Maradona face au LDU Quito lors d’un amical en 1979, match qu’il perdra 7-0…

Quand l’Europe découvre Maradona

L’Argentine est championne du monde mais la fédération sait qu’elle possède dans ses catégories de jeunes des joueurs qui taperont très bientôt à la porte des A. Le but est donc de préparer cette génération et de l’amener au sommet. Cela tombe bien, à la fin de la saison 78/79 se profile la Coupe du Monde des moins de 20 ans, l’occasion rêvée de faire briller ces jeunes pousses. César Luis Menotti, sélectionneur des seniors, décide de prendre aussi en charge les moins de 20 pour garder un oeil sur les meilleurs talents. Afin de les préparer au mieux au mondial qui aura lieu au Japon, il décide d’en appeler quelque uns en sélection A pour une tournée européenne avant l’été. Parmi les jeunes appelés, on retrouve évidemment Diego Armando Maradona. La tournée commence par un premier match remporté 2-1 à Buenos Aires face à la Bulgarie puis la sélection traverse l’Atlantique pour rencontrer les Pays-Bas à Bern (nul 0-0, les équipes seront départagées aux pénaltys, victoire 8-7 de l’Argentine) pour les 75 ans de la FIFA. La tournée se poursuit par deux autres matchs nuls, 2-2 à Rome face à l’Italie puis un nouveau 0-0 à Dublin face à l’Irlande. Maradona n’a toujours pas marqué mais il s’affirme dans le jeu. La presse européenne s’enflamme pour ce jeune argentin. Pour le dernier match de la tournée, c’est une foule compacte et enthousiaste qui se rend à Hampden Park pour assister à la rencontre qui va opposer l’Écosse à l’Argentine. Les Écossais veulent voir de leurs propres yeux celui que tout le monde annonce comme le futur meilleur joueur du monde.

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Le programme de la rencontre.

C’est sous un soleil de plomb que les deux équipes firent leur entrée sur le terrain le samedi 2 juin 1979 à 15h. Certains parlèrent même de la journée la plus chaude sur Glasgow depuis 30 ans. Côté écossais on retrouve la légende Kenny Dalglish, côté argentin de nombreux champions du monde notamment Daniel Passarella, Américo Gallego ou encore le gardien Ubaldo Fillol et pour mener le jeu, celui que tout le stade attend, Diego Maradona. Les locaux se procurent les premières occasions mais ne marquent pas. Le n°10 argentin décide alors de prendre le jeu à son compte et sur l’une de ses premières accélérations va éliminer pas moins de cinq écossais, une série de dribbles qui va réveiller le stade entier. Très en jambe, Maradona va continuer ainsi et en éliminant deux joueurs il va décaler Luque (lui aussi champion du monde 78) qui d’un crochet efface le dernier défenseur puis fusille le gardien, 1-0 pour l’Argentine. Ce sera le score à la mi-temps. En début de 2e, l’Argentine repart tambours battants et à la 60e, après un raid solitaire, Luque vient inscrire un doublé. 10 minutes plus tard, Maradona récupère dans la surface une longue balle en profondeur. Il se trouve à quelques mètres du but mais totalement excentré sur la droite. Le gardien écossais, Alan Rough, bouche parfaitement son angle. Maradona va alors montrer au monde toute sa malice et son génie. Il va feinter un centre, Rough anticipe et délaisse son premier poteau, c’est le moment que choisit l’argentin pour glisser le ballon dans l’angle qui vient de s’ouvrir. Diego Maradona, à l’âge de 18 ans, vient d’inscrire son tout premier but en sélection national. Il exulte et va célébrer ce moment par ce qui deviendra sa marque de fabrique, un saut en agitant le poing en l’air.

L’Écosse réduira le score de manière anecdotique en fin de partie. Mais ce dont tout le monde se souvient c’est l’éclosion d’un talent pur. L’époque où tous les matchs sont retransmis, d’Internet et des réseaux sociaux est encore loin. Les exploits de Maradona dans les championnats argentins prenaient la forme de légendes lointaines. Ce match face à l’Écosse reste dans toutes les mémoires car pour la première fois le mythe Maradona était palpable. “Je ne crois seulement les choses que je vois” disait l’apôtre Saint Thomas. L’Europe croyait enfin en Diego Maradona. L’Argentine possède bien dans ses rangs un gamin capable de dribbles, de fulgurances hors du commun. Une étoile est née.

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Diego Maradona lors du match face à l’Écosse.

La Coupe du Monde des moins de 20 ans

Maradona jouera un dernier match avec les seniors avant de rejoindre la sélection de jeunes. Ce match a lieu à Buenos Aires contre une sélection FIFA. Le jeune Diego y affrontera pour la première fois deux légendes qu’il croisera à plusieurs reprises plus tard dans sa carrière : Zico et Platini. L’Argentine s’incline 2-1 mais c’est Maradona qui sauve l’honneur de sa sélection. César Luis Menotti a réussi en partie son pari. Il a amené Maradona a assumé son statut de star en devenir en le présentant au reste du monde et en lui donnant de grandes responsabilités. Si le sélectionneur lui a permis de s’affirmer en tant que joueur, Maradona doit désormais s’affirmer en tant que leader. Pour cela, Menotti lui confie le brassard de la sélection des moins de 20 ans. Si Maradona veut devenir un leader, l’objectif est clair, il doit mener son équipe à la victoire finale. En s’envolant vers le Japon à la fin de l’été, le jeune argentin a tout à prouver et quelque part, il va pouvoir prendre sa revanche et jouer SA Coupe du Monde.

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Diego Maradona lors du mondial U20 1979.

Deux équipes font figure de favorites, l’Argentine de Maradona évidemment, et l’équipe d’URSS qui a survolé l’édition européenne lui permettant de se qualifier pour le mondial. Dans cette quête, Maradona est épaulé par Gabriel Calderón (qui jouera 3 saisons au PSG de 1987 à 1990), Juan Simón (qui jouera à Monaco de 1983 à 1986 et à Strasbourg de 1986 à 1988) et Ramón Díaz qui mènera une belle carrière européenne par la suite en remportant notamment la Coupe de France 1991 avec Monaco.

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L’équipe d’Argentine U20 lors du mondial 1979.

L’Argentine se retrouve dans le groupe B aux côtés de l’Indonésie, la Pologne et la Yougoslavie. Pour son premier match, l’Albiceleste corrige l’Indonésie 5-0 avec un triplé de Díaz et un doublé de Maradona. Les deux jeunes vont très vite devenir les stars de ce mondial. Le deuxième match oppose les argentins à la Yougoslavie. Ils se défont de ce piège et s’impose sur le plus petit des écarts, 1-0. Pour le dernier match, l’Argentine et la Pologne croisent le fer pour obtenir la première place du groupe. Ce sont les Argentins qui s’imposent, d’une large victoire 4-1 avec un nouveau but de Maradona.

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Diego Maradona et Ramón Díaz lors du mondial U20 1979.

En quart de finale, l’Argentine est opposée aux champions d’Afrique, l’Algérie. L’Algérie possède une génération talentueuse dont plusieurs éléments participeront à la première qualification du pays pour la Coupe du Monde sénior deux ans plus tard. Pourtant le suspense va tourner court dans cette rencontre, Maradona va vite ouvrir le score, 4 autres buts suivront dont un triplé pour l’intenable Ramón Díaz. L’Argentine s’impose 5-0 et se qualifie facilement pour les demi-finales. À noter que ce quart de finale est le seul à se terminer dans le temps réglementaire, toutes les autres équipes passeront par la case prolongations voire pénaltys.

C’est donc une équipe fraîche qui se présente en demi-finale face aux champions sud-américains, l’Uruguay. Si les Uruguayens tiennent jusqu’à la mi-temps, ils finiront par craquer en seconde période en encaissant deux buts inscrits par… Maradona et Díaz. L’Argentine disputera la finale de la Coupe du Monde des moins de 20 ans face à l’autre favori, l’URSS. Une finale rêvée donc même si l’URSS a connu un parcours beaucoup plus agité avec une défaite en poule face à l’Uruguay et une qualification aux pénaltys en quart face au Paraguay. L’URSS a donc du mal face aux sud-américains, ils leur restent pourtant à jouer le plus gros morceau, l’Argentine de Maradona.

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L’équipe d’Argentine U20 lors du mondial 1979.

C’est le stade olympique de Tokyo qui sera le théâtre de cette finale. 52000 personnes assistent à l’épilogue de cette compétition. Le public, en grande partie composé de jeunes japonais, est entièrement acquis à la cause de l’Argentine. Le décor est planté pour cette finale que tout le monde annonçait comme la rencontre rêvée. Seule ombre au tableau, une pelouse indigne d’une finale mondiale. L’état du terrain ne va pas aider les techniciens, qu’ils soient russes ou argentins.

La tactique du début de match est claire pour l’URSS, un pressing intense pour empêcher l’Argentine de poser son jeu. L’effet est immédiat, Maradona touche peu de ballons et l’Argentine semble totalement inoffensive. Pourtant une fois balle au pied, les Soviétiques n’en font pas grand chose et à part deux frappes lointaines, ils n’inquiètent pas vraiment le portier argentin. Au fil des minutes le pressing se fait moins intense et peu à peu les Albiceleste rentrent dans leur match. C’est Maradona qui par deux fois va tenter sa chance à l’entrée de la surface, sans succès. Le score reste nul et vierge au bout des 40 premières minutes (la compétition se joue encore dans un format deux fois 40 minutes à l’époque).

La mi-temps semble avoir fait du bien aux Russes qui avaient baissé le pied avant la pause. Ils reprennent leur pressing intense et cette fois ça paye. Après dix minutes de jeu, l’URSS lance une attaque sur le côté droit, un long centre parvient à l’entrée de la surface, Ponomaryov vient le couper et propulse le ballon en direction du but, le rebond va surprendre le gardien et le ballon va ainsi finir sa course dans le petit filet. 1-0 pour l’URSS. Les 52000 spectateurs ne s’attendaient pas à cela et c’est un grondement étrange qui parcourt le stade olympique de Tokyo.

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Maradona en finale face à l’URSS.

Ce but réveille les joueurs argentins et Maradona reprend ses chevauchées. Les Soviétiques se regroupent en défense et repoussent une à une les vagues argentines. La pression s’accentue et à la suite d’un corner joué à deux, un joueur russe contre le centre de la main, pénalty. Maradona prend le ballon mais le confie à Alves. L’argentin s’élance et transforme. Le stade explose, des jeunes japonais escaladent même les barrières pour célébrer le but sur la piste d’athlétisme qui entoure le terrain. Il reste un peu plus de dix minutes à jouer et le score est de 1-1.

L’Argentine part alors à l’assaut du but, comme un boxeur cherchant le KO dans le dernier round. Les Russes passent difficilement le milieu de terrain et défendent comme ils peuvent face à la fougue sud-américaine. C’est trop pour l’URSS, trois minutes plus tard, Ramón Díaz récupère le ballon au milieu et d’une chevauchée “maradonesque” va transpercer la défense et tromper le gardien russe. L’Argentine mène 2-1 et Díaz s’assure définitivement le titre de meilleur buteur de la compétition.

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Maradona en finale face à l’URSS.

Mais pour que la fête soit parfaite, il faudrait conclure sur un geste de génie de Diego Maradona. Le n°10 argentin a le sens de la dramaturgie et il ne va pas laisser le match se terminer sans laisser son empreinte. Alors qu’il reste cinq minutes, il se fait faucher à l’entrée de la surface. Le coup franc est idéalement placé pour un gaucher. Les joueurs argentins s’écartent sachant pertinemment qu’il est venu le temps de Diego. Il demande à l’arbitre de faire reculer le mur, recule de quelques pas, prend son élan et choisit de placer le ballon côté ouvert. Il le glisse dans le petit filet, le gardien est battu pour une troisième fois. Maradona court vers le poteau de corner saute et agite son poing en l’air. Le stade exulte. Durant les cinq minutes restantes ce sont des vagues de “MA-RA-DO-NA” et “AR-GEN-TI-NA” qui descendent des tribunes. L’arbitre finit par siffler la fin de la rencontre et la pelouse est vite envahie par des centaines de japonais. Ils veulent tous toucher le génie argentin et c’est le staff qui devra l’extraire de la foule pour qu’il puisse regagner le vestiaire et fêter le titre avec ses coéquipiers.

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L’équipe d’Argentine célébrant le titre dans le vestiaire.

Diego Maradona remporte là son premier titre majeur. Il recevra aussi le trophée de meilleur joueur du tournoi. Menotti a réussi son pari, il a fait du prodige un leader, un meneur d’hommes. La saison suivante, il mènera son club à la deuxième place du Metropolitano et jouera ses premières phases finales en Nacional. Il partira ensuite à Boca Juniors où en une saison seulement il deviendra une idole et gagnera le Metroplitano. La suite vous la connaissez certainement…

L’année 1979 est une année charnière dans la carrière du pibe de oro. Il est passé de gamin talentueux à star planétaire, d’ado faisant lever les foules à capitaine menant son équipe à la victoire. Menotti a fait de lui un homme, l’aidant à franchir une étape dans ce qui deviendra l’une des carrières les plus fascinantes de l’Histoire du football.

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Maradona faisant la une des journaux argentins avec le trophée.

 

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